• J'ai eu la chance de rencontrer en 2007 (Julie avait presque 9 ans) un maître-nageur, une personne extra-ordinaire. J'avais été le voir parce que la petite soeur de Julie entrait en CE1 et qu'il y avait "piscine" dans l'emploi du temps de cette classe. Je voulais donc qu'elle apprenne à nager.

    Pour moi, parmi les priorités, il y a comme pour tout parent, la sécurité de ses enfants. Savoir nager, savoir réagir si on tombe à l'eau, est l'une de mes priorités.

    Depuis leur plus jeune âge, j'ai mis des piscines tous les étés dans notre jardin. J'ai emmené mes filles à la piscine, plusieurs fois par mois. Julie était très méfiante envers tout objet qui se trouvait dans un périmètre trop proche d'elle et tout apprentissage a pris des années, mais elle aimait y aller. Mes filles ont apprécié ce milieu dès leur plus jeune âge.

    A 7-8 ans, Julie mettait lunettes et brassards à ma demande. Mais elle aimait plus que tout aller sous l'eau. Dès que j'ai commencé à lui retirer les brassards, elle a commencé à aller marcher au fond de l'eau (quelque soit la hauteur d'eau, mais toujours au bord du mur des piscines). Elle s'asseyait au fond de l'eau puis remontait juste pour reprendre de l'air et recommençait. J'étais toujours à ses côtés, bien évidemment. Mais le danger potentiel m'apparut évident.

    J'avais donc fait deux constatations : d'abord que Julie aimait l'eau, tellement que je savais qu'elle pourrait être en danger si elle approchait d'un point d'eau sans une vigilance extrême, et ensuite que Julie pouvait progresser dans ce milieu puisqu'il lui plaisait. J'étais parvenue à l'emmener dans différentes piscines, petits et grands bassins, elle me suivait, m'écoutait à peu près, mais je voulais essayer dorénavant qu'elle apprenne à nager. Seulement les maitres-nageurs rencontrés dans ces piscines n'étaient eux, pas convaincus, et ont refusé. Je laissais donc tomber et continuait de m'en occuper moi-même.

    Lorsque j'ai demandé à ce maitre-nageur rencontré à la base uniquement pour la soeur de Julie, je ne sais pas ce qui m'a pris. Ni Tiphaine ni Julie n'étaient avec moi. Je lui ai alors demandé s'il pouvait donner un cours individuel à mes deux filles, sachant que l'une d'elle était autiste, mais qu'elle adorait l'eau. Il n'avait jamais de sa vie rencontré de personne autiste, et ne connaissait absolument rien de ce handicap. Il m'a répondu oui à condition qu'il puisse la toucher car c'était indispensable. J'ai dit que cela ne poserait aucun problème.

    Et tout a commencé alors.

    Après 8 séances, la petite soeur de Julie savait nager la brasse et un début de crawl. Après 30 séances, le maître-nageur m'a dit qu'il ne pourrait jamais apprendre à nager à Julie.

    Alors j'ai modifié ma demande, car effectivement, à ce moment-là il avait raison. Je lui ai demandé de la prendre en charge, de continuer les séances individuelles, mais avec un autre objectif car nous avions vite constaté tous les deux que Julie adorait ces séances et qu'elle était particulièrement réceptive lors de ces moments. L'objectif était que ces séances fassent partie de son éducation, de sa rééducation, de ses loisirs...

    Vincent, le maître-nageur, s'est en fait révélé à la fois éducateur sportif (ce qu'il est) en plus d'être maitre-nageur-sauveteur, mais aussi thérapeute, pédagogue...

    Et 7 années plus tard... Julie a participé à une compétition de natation où elle a nagé un 50 m brasse, un   50 m NL et un 50 m Dos bien préparés. Une jeune fille, nageuse en Club, a même participé à une vidéo-modeling pour permettre à Julie d'apprendre les règles à respecter. Et imprévu, Julie a participé en plus à un relais 4 x 25 NL pour remplacer un nageur. Elle a passé un après-midi exceptionnel ! Et nous, aussi.

     

    Julie tire de cette expérience et de cette activité, des bénéfices extra-ordinaires qui vont bien au-delà de ces moments.

     

    Natation


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